« Dallas Buyers Club », un biopic aux performances admirables

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De Jean-Marc Vallée, avec Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner.

Sorti le 29 janvier dernier, Dallas Buyers Club a beaucoup fait parler de lui principalement dû à la performance, jugée incroyable par de nombreux professionnels du cinéma, de Matthew McConaughey. Avec une impressionnante perte de poids 20 kg, l’acteur américain s’est énormément investi dans ce rôle, et confirme ainsi la voie sacrée que celui-ci a prise depuis Magic Mike de Steven Soderbergh. Depuis ce jour, McConaughey enchaîne les rôles, non plus bankables, mais qui témoignent de l’étendue de son talent, tant dans des films indépendants (Mud, Killer Joe), que dans des supers-productions hollywoodiennes (Le Loup de Wall Street, et prochainement Interstellar de Christopher Nolan). À 44 ans, l’acteur dont le nom ne quitte plus les lèvres des mordus du 7ème art, est peut-être sur le point de remporter son premier Oscar. Pour le savoir, il faudra suivre la cérémonie le 2 mars prochain. En attendant, il est encore temps d’aller l’admirer dans le biopic de Jean-Marc Vallée, Dallas Buyers Club.

Comme je l’ai déjà évoqué, Matthew McConaughey a perdu plusieurs dizaines de kilos pour interpréter le rôle du cowboy texan Ron Woodroof, un prodige du rodéo. Bercé par des excès en tout genre (tabac, alcool, drogues, sexe…), Ron est un homme atypique et qui profite de la vie présente. Seulement, après des années de débauche incontrôlée, il découvre durant un examen médical banal qu’il est atteint du SIDA et qu’il ne lui reste plus que 30 jours à vivre. D’abord incrédule face à cette nouvelle choquante, il ne prête guère attention au diagnostic des médecins : en effet, quand le virus est découvert, les mœurs voulaient que le SIDA implique que le patient ait eu des relations homosexuelles. Mais après avoir fait des recherches de son côté, Ron se rend vite compte que ses relations sexuelles non-protégées avec de multiples femmes sont la cause de sa maladie. Bien disposé à se battre pour sa vie, Ron pense d’abord à se procurer un traitement encore au stade expérimental, mais celui-ci ne sera distribué qu’après avoir été testé sur des « cobayes » humains consentants, c’est-à-dire dans un an, un délai bien trop long pour Ron qui n’a qu’un mois devant lui. Face aux interdictions judiciaires des États-Unis, il décide de monter un club afin de fournir des médicaments provenant tout droit du Mexique à d’autres personnes atteintes, tout en se traitant lui-même.

Ce club va rendre Ron plus humain, et celui-ci va même tisser des liens avec des individus qu’il n’aurait absolument pas soupçonnés avant de contracter la maladie. Avec une mise en scène simple et posée, Jean-Marc Vallée suit le parcours de Ron, sans aucun jugement de surface. Le film expose la vie du cowboy, ses rires comme ses peines, de façon neutre. Cette même neutralité, qui pourrait être un défaut dans de nombreuses productions, est ici un réel atout. Grâce à elle, le spectateur n’est pas mal à l’aise, et le personnage de Ron n’apparait pas pathétique, ce qui irait clairement à l’encontre de sa personnalité affirmée et forte. De plus, grâce à cet aspect important du film, l’humour est tout à fait envisagé et est même présent à plusieurs reprises. La maladie devient sujette à plaisanter, sans que cela en devienne choquant pour autant. Il y a donc une réelle maitrise du scénario pour ne pas rendre le film déprimant, mais tout simplement touchant et réellement plaisant à visionner.

Cependant, cet atout est aussi un défaut. Durant les presque 2h du film, l’émotion tarde à montrer le bout de son nez, et ce n’est que dans les toutes dernières minutes du film que nous sommes touchés. L’histoire toute particulière de Ron et des nombreux malades qui l’entourent n’est pas exploité à sa juste valeur. Dans une époque où cette maladie est très mal vu et dans laquelle les porteurs du virus sont marginalisés et rejetés par la société, le film aurait pu être bouleversant à souhait. Le film étant inspiré de faits réels, tout changement doit paraître justifié, ceci étant dit, Dallas Buyers Club aurait mérité un peu plus de profondeur dans son scénario. Un mal remplacé par un bien grâce aux impressionnantes performances de ses deux interprètes principaux, Matthew McConaughey et Jared Leto. Tous deux sont respectivement nominés aux Oscars dans la catégorie Meilleur Acteur et Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Après avoir vu le long-métrage de Jean-Marc Vallée, je peux affirmer qu’ils méritent de repartir avec une petite statuette. Verdict le 2 mars ! En attendant, il est encore temps d’aller voir le film qui vous assurera un bon moment de cinéma, et vous arrachera de nombreux rires et quelques larmes. Si Dallas Buyers Club manque clairement d’intensité, il invite à s’intéresser à ses personnages et à s’y attacher profondémment.

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