Retour sur… « The Bling Ring », une jeunesse désorientée

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De Sofia Coppola, avec Katie Chang, Israel Broussard, Emma Watson, Taissa Farmiga.

Quand Marc débarque dans une nouvelle ville, et donc dans un nouveau lycée, il peine à prendre ses marques et à s’intégrer. Il fait très vite la rencontre de Rebecca, une mordue de la mode, et va vite devenir un membre permanent de son groupe d’amies, toutes passionnées par le luxe. Rebecca va entrainer Marc dans sa folie nocturne : entrer par effraction dans la maison des stars et voler des vêtements, sacs et autres accessoires. The Bling Ring est le portrait d’une jeunesse en quête de soi, obsédée par le paraitre, et qui a besoin de s’afficher pour exister.

Présenté dans la catégorie « Un certain regard » au dernier festival de Cannes, le dernier film de la réalisatrice, autant aimée que détestée, Sofia Coppola a reçu un accueil plutôt mitigé. Inspiré d’un fait-divers réel qui a eu lieu à Los Angeles, le film n’a pas engendré un grand enthousiasme chez les spectateurs. Retour sur un film en demi-teinte, loin des bouleversants longs-métrages de la réalisatrice tels que Lost in Translation ou encore Virgin Suicides.

The Bling Ring s’ouvre sur une scène de cambriolage, pour ensuite enchainer sur un flashback qui va nous raconter le début de cette « aventure », mais surtout comment et pourquoi ce jeune gang en est arrivé là. Tout le long du film, le montage va jongler entre des scènes se déroulant après la mise en examen des criminels (sous forme de confessions) et d’autres qui retracent le parcours des cinq adolescents en quête de reconnaissance avant le procès.

Beaucoup d’aspects dans la réalisation arrivent à nous plonger dans le cœur du sujet du film. Les scènes de cambriolage répétées traduisent l’ennui ressenti par les jeunes, les quelques plans utilisant la vision d’une webcam nous permettent de nous immerger encore plus dans leur vie, et le montage rythmé de façon rapide ainsi que l’utilisation de musiques à tendances rock et électro sont là pour illustrer la vie effrénée de Rebecca et cie. Sofia Coppola prouve encore qu’elle sait cerner le sujet qu’elle traite dans son film, et ainsi la réalisatrice arrive à dépeindre le portrait de cette jeunesse dépravée constamment à la recherche de quelque chose d’encore plus extrême pour essayer de percer et d’exister.

Outre la maîtrise toujours parfaite de sa réalisation, avec notamment une photographie sublime, Sofia Coppola reste aussi très neutre vis-à-vis du sujet qu’elle traite. Ce qui est un aspect appréciable en règle générale, devient vite le défaut numéro un de The Bling Ring. A cause de cette non-position de la réalisatrice, on ne s’intéresse finalement à aucun des personnages. On se contente seulement de regarder leurs déboires (et d’admirer aussi, il faut avouer qu’on est tous un peu sensible aux beaux vêtements et bijoux) sans vraiment se sentir concerné par ce qu’il se passe à l’écran. Un point noir qui va limiter notre implication dans le récit et va vite réduire le film en un simple objet de visionnage.

Ce dernier point est d’autant plus dommage car la réalisatrice nous a habitués à beaucoup mieux dans le passé, en nous offrant des films bouleversants et marquants. Même Somewhere (pour moi le moins réussi de sa filmographie à l’époque) arrive à nous toucher avec une relation père/fille d’une sincérité authentique. The Bling Ring est différent, malheureusement de façon négative, cependant Sofia Coppola n’a pas abandonné pour autant sa caméra légère, sans chichi, et développe une ambiance fascinante durant tout le film qui fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde.

De plus, le film, avec le sujet qu’il aborde, génère des questions que chaque spectateur peut venir à se poser. Comment Paris Hilton a-t-elle pu ne pas remarquer que sa maison a été volée six fois ? Comment une bande d’adolescents superficiels a pu entrer par effraction dans autant de villas de célébrités ? On découvre alors que ces maisons ont le minimum en matière de sécurité. Alors que beaucoup abordent fièrement des caméras de sécurité (qui peuvent être « facilement » évitées d’ailleurs, comme on le voit dans la première scène de cambriolage), elles ne contiennent cependant aucune alarme, leurs fenêtres ne sont pas verrouillées, et le double des clefs sont soigneusement caché sous le paillasson à l’entrée. Négligence ou simple confiance ? Cela étant, ce point soulève cette abondance de luxe chez les célébrités et surtout qu’elles ne se seraient pas rendues compte des cambriolages si les voleurs n’avaient pas été retrouvés.

Finalement, Sofia Coppola reste dans ses sentiers battus avec ce nouveau film, en traitant un sujet qui conduit toujours aux thèmes de l’ennui, de la recherche de soi, de la quête d’épanouissement ; et c’est avec beaucoup de maitrise que la réalisatrice filme le vide comme elle seule sait le faire, tout ça en agrémentant son film d’un rythme entrainant, ce qui est, il faut le dire, une certaine prouesse.

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