« Blood Ties », l’american dream de Guillaume Canet

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De Guillaume Canet, avec Clive Owen, Billy Crudup, Mila Kunis, Marion Cotillard.

Frank et Chris sont frères. Le premier est policier, le deuxième vient tout juste de sortir de prison pour le meurtre d’un homme. En 9 ans de captivité, Frank n’a pas rendu une seule fois visite à son frère, ce qui complique leur relation à la sortie de Chris. Celui-ci tente tant bien que mal de se réintégrer dans la société, mais surtout d’éviter les magouilles que ses vieux amis lui proposent. La relation entre Chris et Frank est au cœur du film et va être le théâtre de multiples rebondissements.

Pour son quatrième long-métrage, Guillaume Canet a vu les choses en grands puisque le cinéaste français s’est rendu à New-York afin de tourner Blood Ties. Entouré de grandes figures du cinéma américain, Canet a beaucoup lutté pour mener à bien ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur. À trois jours de la sortie nationale du dernier film de l’un des réalisateurs français les plus populaires à l’heure actuelle, il est temps de dresser le bilan : est-ce que Blood Ties est l’hommage aux polars américains des années 70 qu’on nous a promis ? Est-ce qu’il est à la hauteur du nom de James Gray, co-scénariste du film ?

L’ambition de tourner à l’étranger, de plus celle de tourner aux États-Unis, a grandi dans la tête Guillaume Canet depuis quelques temps déjà. Et ce n’est pas les problèmes de tournage, de décommande de dernière minute des acteurs, qui vont arrêter le réalisateur et acteur français. Canet s’est accroché, et il a réussi, avec toutes les contraintes qui lui ont été imposé, à construire une œuvre aboutie. Alors certes, le film prend son temps, l’histoire se pose aussi rapidement qu’une mamie sur un fauteuil, mais Blood Ties a au moins le mérite de chasser toute incohérence. Certains seconds rôles paraissent dérisoires, mais ils sont finalement le déclencheur du dénouement final, qui, d’ailleurs, est l’une des forces du film, avec notamment la composition du casting.

Clive Owen, Billy Crudup, Zoe Saldana, Matthias Schoenarts, Marion Cotillard, Mila Kunis, James Caan… Tant d’acteurs avec une certaine renommée qui ont participé au dernier projet de Guillaume Canet. Tous ces noms font saliver avant même de rentrer dans la salle de cinéma, et de ce côté-là, Blood Ties ne déçoit pas. Il l’a montré à de nombreuses reprises (Ne le dis à Personne, Les Petits Mouchoirs), Guillaume Canet aime ses acteurs et ils lui rendent bien. Grand metteur en scène mais surtout incroyable directeur d’acteurs, Canet illustre une nouvelle fois sa passion et son talent à travers son nouveau film. Chaque acteur est à la hauteur de l’autre, même les plus petits rôles, à première vue moins transcendants que le rôle de caïd de Clive Owen, dégagent une maitrise certaine de chacun des acteurs, mais aussi du réalisateur. Une union entre les deux professionnels qui se voit à l’écran et qui permet des scènes fortes en émotion mais surtout en sincérité ; cette patte Canet que l’on aime.

Le rythme reste cependant l’un des questionnements majeurs de ce long-métrage. Parfois électrique grâce à une bande originale très rock signé Yodelice, le plus souvent lent et fastidieux, il est pourtant important dans un film qui s’affiche comme un thriller. Mais Canet rattrape vite le tir, et a l’intelligence de baser aussi son film sur les liens du sang. La famille, cette communauté de proches au sens relatif du terme, que l’on ne choisit pas, mais que l’on finit toujours par faire passer avant tout. Blood Ties tend à nous montrer cet aspect. À travers les déboires intempestifs et illégaux de Chris, et l’esprit découragé et fatigué de Frank, on voit tout au long du film un lien fraternel constamment sur la sellette, le plus souvent au bord de la rupture, mais qui finit par devenir réel et intense quand l’un des deux frères choisit, au détriment de sa propre vie, de sauver celle de l’autre. Et cette preuve de l’amour fraternel que chacun Frank et Chris essayent de s’interdire, refait systématiquement surface quand les deux protagonistes sont face au choix impensable mais logique : sauver son frère par-dessus tout, par-dessus sa carrière ou sa liberté.

Blood Ties n’est pas le film le plus réussi de Guillaume Canet, mais le réalisateur a toujours cette faculté de faire vivre sa passion à travers ses œuvres, et on le ressent encore avec ce nouveau long-métrage. Alors qu’il avait eu l’immense ambition d’adapter une œuvre littéraire américaine en un film français avec Ne le dis à personne, ici le cinéaste fait un remake américain d’un film français (dans lequel il a joué, d’ailleurs). Canet cherche toujours l’impossible, le projet fou qui va impliquer de longs et durs mois de travail. Mais au final, le cinéaste arrive toujours à s’entourer de grands noms du cinéma, français ou américain, et Blood Ties n’échappe pas à cette règle. Avec ce dernier film, Guillaume Canet prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des meilleurs réalisateurs français de sa génération, et qu’il est certainement le mieux disposé et le plus talentueux à transposer sa passion toujours grandissante pour le cinéma à travers tous ses films.

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