« Les Amants du Texas », l’amour plus fort que la loi

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De David Lowery, avec Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster, Keith Carradine.

Quand Bob est pris d’assaut pas la police pendant une fusillade sanglante, il n’hésite pas à se rendre pour le bien de Ruth, sa femme, et de son futur enfant qui grandit dans son ventre. Il va passer les cinq prochaines années en prison, jusqu’au jour où il réussit, après six tentatives, à s’évader. Déterminé à retrouver Ruth et sa petite fille, Sylvie, il va entreprendre un périple afin que sa famille soit de nouveau réunie.

Présenté au dernier festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, Les Amants du Texas est le deuxième long-métrage du cinéaste américain David Lowery. Aucune grande star internationale à l’horizon, mis à part Casey Affleck et Ben Foster que l’on reconnaît tout de même, pourtant Les Amants du Texas sait faire parler de lui, notamment à cause (ou devrais-je dire, grâce à) ses nombreuses comparaisons avec l’univers de Bonnie and Clyde. Lumière sur un film au style propre et qui divise la critique.

Malgré ce que l’on pourrait croire, Les Amants du Texas n’est pas l’histoire d’un couple badass qui font des braquages en duo à coup de gros guns. D’ailleurs, cet aspect que le spectateur pourrait entrevoir, est très vite gommé dès les premières minutes du film. On se rend alors compte que la volonté de David Lowery est de s’attarder sur l’après ; l’après cambriolage, l’après fusillade, l’après accouchement, mais surtout, l’après prison. Les Amants du Texas suit le parcours, non pas d’un fugitif, mais d’un mari et d’un père qui cherche à retrouver les deux amours de sa vie ; un parcours qui va être semé d’embûches provenant notamment de l’entourage de Ruth qui avait pris la jeune femme sous son aile après l’emprisonnement dudit mari.

Derrière ces péripéties « gangsteriennes », se cache un portrait de l’amour rempli de poésie. Et il est quasiment impossible de ne pas penser à Terrence Malick pendant toute la durée du film. Comme le réalisateur texan, David Lowery sait capter, avec une caméra légère et intime, les moments de la vie, même les plus simples. Si ici, la lumière est plus tamisée et la photographie tend à jouer avec les ombres, l’ambiance visuelle, mais aussi sonore, dans sa généralité, nous amène vite à associer les deux cinéastes. La ressemblance des deux visions se poursuit jusqu’au montage : les images, les sons, les paroles, se superposent, si bien que certains discours des personnages ne sont pas rattachés à une seule scène, mais viennent accompagner une autre prise de vue ; cette dernière dont le résultat est de nous faire ressentir. Car dans Les Amants du Texas, comme dans beaucoup de films de Malick, un sentiment de contemplation se développe et on finit très vite par être absorbé par ce que l’on visionne.

Les Amants du Texas n’est pas un film coup de poing, son but n’étant d’ailleurs pas de scotcher le spectateur sur son siège. Cependant, grâce à une douceur surprenante et à un scénario qui paraît classique mais qui, au final, est très bien étudié, on se retrouve vite à avoir l’estomac noué et à craindre le pire pour Bob, mais surtout à vouloir le meilleur pour lui et Ruth. Magistralement portée par ses deux acteurs principaux, le film n’est donc pas un chef d’œuvre de cinéma, mais il dégage une certaine authenticité et une sincérité réelle, qui toutes-deux arrivent à nous rendre béats face à la loyauté intacte de Bob et Ruth après tant d’années passées éloignés loin de l’autre.

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