Mud : « You can’t trust love, it will run out on you. »

mud

De Jeff Nichols, avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland.

Alors qu’ils entreprennent l’une de leurs escapades quotidiennes sur une île du Mississippi, Ellis et Neckbone, deux jeunes adolescents, tombent sur un homme aux apparences étranges : Mud. Très vite, les trois protagonistes vont se lier, et Mud va leur proposer un marché : l’aider à quitter l’île pour retrouver l’amour de sa vie. Avides d’aventure, les deux garçons acceptent sa proposition, à leurs risque et péril…

Après le succès critique de Take Shelter en 2011, on attendait de pied ferme le retour de Jeff Nichols derrière la caméra. C’est donc avec Mud que le réalisateur et scénariste américain revient sur le grand écran. Cette fois-ci, ce n’est pas Michael Shannon qui bénéficie de toute l’attention du cinéaste, mais bien Matthew McConaughey, qui tient ici le rôle principal du film.

Que cela soit bien clair, Mud n’est pas un film sur un vagabond et sur deux jeunes garçons qui veulent combattre des serpents dans la forêt. Le film aborde des thèmes courants, et qui touchent tout le monde. L’amour, principalement, et cela sous différents degrés. Et c’est à travers les yeux et l’esprit du jeune Ellis que ce sentiment va prendre des virages distincts, et va finalement être le fil conducteur de l’histoire du film. Ellis qui, face aux rapports conflictuels de ses parents, va chercher cet amour passionnel qui manque au domicile familial. C’est cette recherche de l’amour constant et éternel qui va rythmait sa motivation, et c’est sa propre expérience avec les filles qui va ensuite lui faire perdre tout courage.

Mud n’est pas là pour véhiculer des valeurs moralisantes, Nichols a pris le parti d’offrir à son spectateur un film humble et généreux. Il a choisi de traiter la réalité avec le plus de sincérité possible, le tout en transportant le public dans un voyage purement américain centré autour de ce fleuve mythique qu’est le Mississippi. L’une des volontés du réalisateur est de montrer l’Amérique, la vraie, celle qu’on ne voit presque jamais, celle de la boue et des marécages et qui ne fait pas partie du catalogue de l’« american dream » ponctué de New-York et autre Statue de la Liberté.

C’est grâce à de grandes influences comme celle de Terrence Malick (Nichols lui rend plusieurs fois hommage dans son œuvre en filmant la nature dans son plus simple appareil) que le cinéaste nous offre un film visuellement stupéfiant. Chaque plan est un petit plaisir pour les yeux. Les paysages s’affichent avec un naturel déconcertant, il suffit simplement de regarder et d’apprécier. L’utilisation de la steadicam rend le tout plutôt pur et authentique, et enlève tout penchant théâtral ou dramatique pour rajouter toujours un peu plus de réel.

Avec ce troisième long métrage, Jeff Nichols nous offre le droit de visiter l’Amérique des terres profondes, là où les valeurs vraies et sincères font la loi. Mud est un film purement américain, tant par son aspect visuel que par l’attitude et la volonté de ses personnages, mais il est surtout et avant d’une authenticité frappante.

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