Romeo + Juliet : « If love be rough with you, be rough with love. »

romeo

De Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio, Claire Danes, Brian Dennehy, Harold Perrineau.

Tout le monde connaît la plus belle, mais aussi la plus tragique, des histoires d’amour : celle de Roméo et Juliette. Mais ici, les Montaigu et les Capulet ne se battent pas à coups d’épée, mais c’est bien avec des armes à feux qu’ils sont en conflit permanent, le tout dans une période moderne. Ici, les deux familles sont deux clans de la mafia de la ville, et comme dans l’histoire originelle, les deux enfants des deux ennemis tombent amoureux. Et c’est dans une ambiance de guerre incessante, que les deux tourtereaux vont vivre leur amour, cachés de tous.

Pour son deuxième long métrage, Baz Luhrmann s’est attaqué à un monument de la littérature anglo-saxonne. En s’emparant de l’œuvre de William Shakespeare, le cinéaste s’est lancé un sacré défi. Qui oserait transformer le conte du dramaturge le plus célèbre du monde en le replaçant dans une époque moderne ? Voitures, électricité, téléphone, ascenseurs… aucun de ces objets ne font parti à la base de l’univers de Roméo et Juliette. Et pourtant… pourtant, il a suffit de mettre le projet dans les mains de Luhrmann pour que ce défi presque irréalisable devienne un exploit hors du commun.

En gardant le texte original, Luhrmann a malgré tout tenu à rendre hommage à la pièce de théâtre. Et malgré tous les aspects modernes « intrus » à l’histoire, le charme de la pièce reste le même, et nous sommes toujours autant affectés par cette terrible histoire d’amour. Tout est modifié, tout. Jusqu’à même donner un accent de gangster des rues aux amis proches de Roméo, ce qui n’enlève en aucun cas la crédibilité de l’histoire. Et c’est ça qui est le plus fort. Luhrmann arrive à nous montrer un Roméo un peu « rebelle », qui fume, (et qui porte des chemises hawaïennes, soulignons-le), le tout sans démystifier le personnage imaginé par Shakespeare.

Finalement, la vraie prouesse de ce film ne repose pas dans l’adaptation en elle-même, mais dans la transformation temporelle de l’une des tragédies romantiques la plus connue dans le monde. Le réalisateur australien livre là tout son savoir-faire, et nous montre une fois de plus son audace et son génie inimitable. Et c’est porté par un DiCaprio et une Danes plus que convaincants, que Romeo + Juliet s’avère être une fresque moderne touchante, mais surtout impressionnante, tant le film arrive à mélanger tragique, notamment par les multiples scènes magnifiées par la bande originale (je pense par exemple à la scène de la mort de Mercutio qui m’a laissée sans voix), mais aussi modernisme, grâce à l’univers dans lequel les personnages cohabitent, qui paraît commun aux premiers abords, mais qui se relève être stupéfiant quand on fait état du film dans sa totalité.

Bref, si je devais choisir une expression qui décrirait très bien Romeo + Juliet, ce serait celle-ci : « l’habit ne fait pas le moine ». Si j’étais perplexe face à cette réappropriation déconcertante du mythe littéraire durant les premières minutes du film, ma crainte a vite fait place à de l’admiration. Un film étonnant et bouleversant à voir et à revoir.

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