To The Wonder : « You shall love whether you like it or not. »

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De Terrence Malick, avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Rachel McAdams.

La merveille, mentionnée dans le titre, est le célèbre Mont-Saint-Michel dans la baie de Normandie. Pour Neil et Marina, cette merveille représente le but de leur amour, leur destination originelle, la promesse qu’ils se sont toujours fait. To The Wonder nous montre les péripéties de cette histoire d’amour, celle qu’on croit tous indestructible mais qui connait les obstacles les plus grands. À côté de ça, nous rencontrons le prêtre Père Quintana qui, lui aussi, est en quête de la foi qu’il pense perdre petit à petit. À travers la France et les États-Unis, Terrence Malick nous emmène dans un voyage où tous nos sens sont en éveil et où notre esprit est transporté par une admiration constamment grandissante.

Des années après son chef d’œuvre The Tree of Life, c’est avec un film plus personnel que Terrence Malick revient sur grand écran. Ce qu’on peut déjà affirmer, c’est que le réalisateur n’a pas changé depuis son film de 2011, il s’aventure sur les mêmes terrains. Son touché est léger, sa caméra plane dans les airs, et les acteurs virevoltent toujours dans le monde indéterminé du cinéaste. On ne peut en aucun doute arracher la part de génie présente chez Malick, car, avec ses films, il a certainement réussi à créer un genre à lui tout seul. Et c’est toujours avec autant de maitrise et de plaisir que le réalisateur entretient cette réputation mystique qu’est la sienne.

Cependant, la question qui nous brûle les lèvres, c’est bien sûr celle de la légitimité de son travail. Avec ce dernier film, Malick fait naitre une polémique qui lui a valu des cris d’indignation à la fin de la projection de To The Wonder au Festival de Cannes 2012. Ce qu’on dit du cinéaste, c’est qu’il s’est complètement perdu dans ce dernier film, qu’il ne sait pas où il va, qu’il se balade constamment au milieu des hautes herbes de l’inspiration sans jamais les atteindre. Bien qu’outrageuses, ces accusations sont fondées, et Malick se transforme petit à petit en un cinéaste marginal, « complètement dans son trip ».

En clair, ce film est, on peut l’affirmer, 100% malickien. Le cinéaste réalise parce qu’il a envie de réaliser, et c’est peut-être ce côté trop personnel qui lui fait défaut aujourd’hui face au public. Cependant, Malick reste Malick et To The Wonder est un film magnifique, doté d’une audace indescriptible, et il met en lumière des acteurs sublimés mais qui, avant tout, crèvent l’écran. Le schéma reste certes le même : la musique à tendance religieuse en fond d’une image poétiquement fabuleuse qui met en scène un des personnages à moitié caché et baigné dans une lumière somptueuse, mais le résultat, lui non plus, ne change pas. On ressort de la salle ébloui, et le monde nous paraît soudainement fade après ces 1h52. Un moment de bonheur à partager entre adeptes du genre, et pour les autres, on a envie de leur dire : tant pis pour vous.

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